L’ancien président Laurent Gbagbo, figure emblématique de la vie politique ivoirienne et ancien détenu de la Cour pénale internationale (CPI), a lancé une initiative qui relance le débat autour du traitement judiciaire de la crise politico‑militaire ivoirienne. Par une lettre rendue publique le 8 décembre 2025, jour de l’investiture du président Alassane Ouattara, Gbagbo a annoncé avoir chargé ses avocats de saisir à nouveau la CPI, afin que cette instance internationale examine l’ensemble des faits liés à la crise ivoirienne, notamment ceux qu’il juge restés sans réponses. YouTube+1
Dans sa lettre, Gbagbo appelle la CPI à rouvrir le dossier en vue de faire la lumière sur les origines profondes des violences qui ont déchiré la Côte d’Ivoire, en particulier la longue crise post‑électorale de 2010–2011 et les troubles armés qui ont secoué le pays dès 2002. Il déclare que “tant qu’un fait n’est pas jugé, il devient une injustice”, et qu’il est essentiel selon lui de clarifier les responsabilités, pas seulement pour des raisons judiciaires, mais aussi pour permettre une véritable réconciliation nationale. Pulse Côte d'Ivoire
Gbagbo souhaite que la CPI n’examine pas uniquement les faits qui avaient été au centre des précédentes procédures, mais aussi qu’elle identifie tous les acteurs qui ont, selon lui, joué un rôle déterminant dans ces crises — notamment la rébellion des années 2000 et les violences post‑électorales qui ont fait plusieurs milliers de morts. Cinews
La crise post‑électorale de 2010–2011 avait plongé la Côte d’Ivoire dans un conflit meurtrier après la contestation des résultats de l’élection présidentielle, causant près de 3 000 morts selon des estimations internationales. WADR
Gbagbo et son ancien ministre Charles Blé Goudé avaient été poursuivis par la CPI pour crimes contre l’humanité, mais acquittés en 2019, puis rentrés en Côte d’Ivoire. Abidjan.net La CPI avait ensuite poursuivi d’autres enquêtes sur des crimes liés à d’autres épisodes de la crise. Abidjan.net
Selon Me Emmanuel Altit, avocat de Laurent Gbagbo, cette démarche vise à combler ce qu’il considère comme une lacune de la justice internationale et nationale. Il estime qu’il est crucial de réexaminer les causes profondes des violences, notamment celles touchant certaines communautés, comme la population Wê de l’Ouest ivoirien, très lourdement affectée lors de la prise de Duékoué en 2011. L’avocat affirme que les victimes et survivants attendent toujours des réponses claires et une reconnaissance pleine de leurs souffrances. Cinews
Cette requête intervient dans un contexte politique ivoirien tendu, juste après l’investiture d’Alassane Ouattara pour un nouveau mandat, et relance des débats sur la manière dont la justice internationale et nationale doit traiter les crises passées pour garantir une paix durable et une réconciliation véritable entre les Ivoiriens.
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