Le Mouvement du 23 mars (M23), groupe rebelle actif dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) depuis plusieurs années, poursuit une offensive militaire qui déstabilise profondément la région. En décembre 2025, le M23, appuyé selon de nombreux acteurs internationaux par des forces rwandaises – ce que Kigali nie – a affirmé avoir capturé la ville stratégique d’Uvira, au Sud‑Kivu, marquant une escalade majeure malgré des efforts de paix récents. AP News+1
Les autorités du groupe rebelle parlent d’“opérations libératrices” et affichent leurs ambitions militaires et politiques dans cette vaste zone minière riche en ressources naturelles. Leur leader, Corneille Nangaa, a promis d’élargir l’influence du mouvement, tout en avançant qu’un retrait de certaines positions — comme à Uvira — pouvait être envisagé pour faciliter des processus de paix. AP News
Les opérations du M23 ont durement touché les populations civiles :
L’offensive a forcé des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers. Dans le seul Sud‑Kivu, on estime que environ 200 000 civils ont été déplacés par les combats récents. AP News
Aux frontières, notamment du côté du Burundi, au moins 85 000 réfugiés ont traversé après la prise de territoires par le M23, exposant des familles entières à des conditions difficiles. L'Orient Today
Des civils racontent une vie bouleversée :
“Nous avons fui sans rien. Pas de nourriture, pas d’abris sûrs. Nous avons peur de revenir car les combats continuent,” confient des familles qui ont quitté leur village dans la province du Nord‑Kivu, craignant les explosions et les patrouilles armées. Manshett
Dans les camps de déplacés, les conditions sont souvent excessivement précaires, avec un accès limité à l’eau, à la nourriture et aux soins. Beaucoup disent qu’ils doivent encore fuir lorsqu’une nouvelle attaque approche. Manshett
Au‑delà du déplacement, des rapports d’abus graves contre des civils continuent d’émerger : exécutions sommaires, violences sexuelles et atteintes aux droits humains sont pointées par des organisations internationales enquêtant sur le terrain. Reuters+1
Le M23 revendique souvent ses actions comme une lutte défensive ou de libération, mais pour beaucoup d’observateurs, ses avancées stratégiques et territoriales montrent une volonté claire d’imposer sa présence dans l’est congolais, y compris dans des zones riches en minerais et d’importance géopolitique. Les prises de villes comme Goma, Bukavu ou Uvira sont interprétées comme des signes de force et de capacité à redessiner la carte du conflit. The Guardian
Alors que des accords de paix ont été signés à l’international, notamment avec l’aide de médiateurs américains ou qatariens, le combat sur le terrain conteste leur mise en œuvre et souligne l’ampleur des défis politiques et militaires encore à relever pour un cessez‑le‑feu durable. AP News
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